Ce soir 20:50 - 22:20Peur bleue (Portugal)

Entretien avec Salvatore Striano

Salvatore

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Entretien avec Salvatore Striano (Acteur)

Comment avez-vous rejoint ce projet ? Y a-t-il eu un casting ?
J’ai été contacté par le réalisateur Alessandro Piva à Rome. Nous avons discuté du scénario et au cours de notre entretien, il a décidé que je serais le personnage qui marque un contraste, qui se rebelle contre les ordres du chef. Il a choisi le nom de Piranha parce que c’est un animal qui correspond parfaitement à la mentalité du personnage, qui dévore tout le monde.

Vous avez été hors-la-loi en Espagne avant de commencer votre carrière d’acteur. Comment vous êtes-vous retrouvé plongé dans le monde du crime et quel souvenir gardez-vous de cette période ?
J’ai été plongé très jeune dans la criminalité afin de défendre ma famille contre le harcèlement que les membres de la Camorra locale lui faisaient subir. Je suis né dans les quartiers espagnols de Naples et, entre les années 1980 et 1990, la Camorra a été à la fois une mode et une organisation très puissante. À cette époque, la seule manière de me défendre et de mettre un terme à leurs agissements était de prendre les armes.

De quelle manière le métier d’acteur a changé votre vie ?
Le théâtre et le cinéma m’ont apporté de nouvelles choses et m’ont progressivement changé la vie. La scène m’a appris à adopter un nouveau langage, de nouvelles attitudes. Le cinéma, avec sa visibilité exceptionnelle, m’a donné l’opportunité de me faire connaître. Le cinéma et le théâtre sont d’excellentes écoles qui m’ont permis d’apprendre à changer mon comportement, à me contrôler et à être moins impulsif. J’avais besoin de la scène pour changer, devenir plus serein et me débarrasser de la menace permanente d’être arrêté par un policier ou attaqué par un rival.

Vous avez surtout joué des personnages de criminels au cinéma. Pensez-vous incarner à l’avenir des personnages plus dramatiques ou romantiques ?
Incarner des personnages comiques, dramatiques ou de comédies romantiques m’aiderait certainement à faire mes preuves en tant qu’artiste. Le cinéma est fictionnel et ne crée pas de victimes, mais des émotions. J’accepte donc cette étiquette de méchant, parce que je sais qu’au fond je suis un artiste utile d’un point de vue social. Certains films peuvent être un reflet du mal dans lequel les enfants peuvent se projeter sans risquer d’être blessés. Ils peuvent alors comprendre que la criminalité est un chemin à ne pas suivre.

Comment décririez-vous Piranha, votre personnage ?
C’est un criminel impitoyable, un homme sans scrupules qui a fait preuve de toute sa férocité. L’incarner est très intéressant parce qu’on se retrouve à explorer la vie d’un homme qu’on ne serait jamais devenu.

Comment décrirez-vous La Loi de la mafia ? Pourquoi est-ce un film à ne pas rater ?
C’est un film assez charismatique et fascinant pour attirer l’attention des jeunes. Il a un côté shakespearien dans le rôle qu’y joue le destin. Enfin, il est très authentique parce qu’en réalité, ces hommes finissent presque toujours par mourir en se repentant de leurs crimes.

Vous avez connu le monde de la criminalité. À quel point la représentation de ce monde au cinéma est-elle fidèle à la réalité ?
La représentation cinématographique est proche de la réalité mais ne l’atteint jamais complètement. Elle montre la surface mais pas le véritable monstre qu’elle cache. La criminalité est un monde de pauvreté et de marginalité mais elle est rarement représentée comme telle, et on préfère souvent mettre en avant ses charmes. Mais les charmes du crime n’existent pas !

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