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Biographie Amédée Barbey D'Aurevilly Jules Barbey D'aurevilly (1808 – 1889) est une figure à part dans la littérature française du 19ème siècle. Tour à tour dandy débauché puis catholique fervent, hanté par le problème du Mal, son œuvre la plus célèbre, le recueil de nouvelles Les Diaboliques d'où est extraite « Le Bonheur est dans le Crime », présentée sur Eurochannel, lui vaut des accusations d'immoralisme. Il s'est aussi fait connaître par son activité de critique, virulente et très en marge des goûts de son époque.Le jeune Barbey d'Aurevilly est un dandy parisien, qui fréquente les salons. Du 17ème au 19ème siècle, les salons jouent un rôle très important dans la vie littéraire française. Souvent tenus par des femmes de la haute société que l'on qualifie de « précieuses » (le plus célèbre étant celui de Madeleine de Scudéry, en 1652), ils réunissent les artistes et surtout les écrivains ; l'on venait y soumettre des vers, proposer des lectures et rivaliser en esprit afin de se faire connaître. Ces salons sont l'antichambre de la littérature française. Barbey d'Aurevilly les fréquente assidûment. Les premiers articles qu'il publie ont pour titre Les Impertinences Raffinées ou encore De l'Elégance ; il y développe les principes du dandysme. Le dandysme est, selon Barbey d'Aurevilly, une manière d'être tout en nuances, qui résulte d'un « état de lutte sans fin contre l'ennui » ; le dandy est le « souverain futile d'un monde futile » et se caractérise par la froideur, l'audace et l'impertinence, le luxe et le désir d'individualité. Son essai Du dandysme est l'un des trois principaux sur la question, avec le Traité de la vie élégante de Balzac et Le Peintre de la vie moderne de Baudelaire. Il mène une vie désordonnée, se jette dans les fêtes et les plaisirs, consomme du laudanum ; ses amis lui attribuent le titre peu flatteur de « Roi des ribauds ». Il compose également le Traité de la princesse, manuel de séduction sous forme d'aphorismes, inspiré du Prince de Machiavel. Puis vers quarante ans, après une crise d'inspiration, Barbey d'Aurevilly traverse une grave crise morale qui marque son retour au catholicisme, que d'aucuns ont qualifié de « retour à l'enfance ». Il n'en reste pas moins que ce retour au catholicisme lui renouvelle son inspiration et produit l'une des plus grandes œuvres catholiques et mystiques, le recueil Les Diaboliques.
C'est un catholicisme torturé néanmoins et qui lui attire les foudres des autorités : lorsque Les Diaboliques sont publiées en novembre 1874, les exemplaires sont immédiatement saisis et l'auteur est poursuivi pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ». En effet, dans ces pages sombres s'épanouissent le Mal, les passions et le sadisme. C'est que Barbey d'Aurevilly a voulu montrer les passions « telles quelles sont et telles qu'il les a vues ». Il se défend en rappelant que « le catholicisme n'a rien de prude, de bégueule, de pédant, d'inquiet », qu'il est « la science du Bien et du Mal », et que son but a été de montrer « non seulement les ivresses de la passion, mais ses esclavages ». Il devient ainsi le principal théoricien d'un genre tout à fait particulier, le roman catholique. Il influencera l'œuvre d'un autre grand romancier catholique français, Georges Bernanos (1888 – 1948).
Barbey d'Aurevilly est également connu pour son activité de critique. Féroce et indépendant, il est le seul à oser critiquer Victor Hugo, figure intouchable de la littérature française, et notamment son recueil de poèmes Les Contemplations ainsi que son roman Les Misérables. Retour à Le Bonheur dans le Crime
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