Entretien : Leonardo Guerra Seràgnoli à propos de son film Sans filtre
Le nouveau drame intime de Leonardo Guerra Seràgnoli, Sans Filtre, est un film qui dépeint l’impact des réseaux sociaux sur les jeunes femmes lors d’une escapade en mer. Nous avons rencontré le réalisateur pour échanger avec lui sur sa démarche expérimentale et ses observations sur la jeunesse hyperconnectée.
Pourquoi avoir choisi un bateau pour un film sur les réseaux sociaux ? Parce que la mer est aussi un no man’s land. Plus aucun signe de la société : seulement une immensité vide et infinie. Cela crée un contraste intéressant : les personnages sont physiquement isolés, mais restent mentalement reliés au monde extérieur grâce à leurs téléphones.
Comment le thème des réseaux sociaux est-il devenu central dans l’histoire ? Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, on est toujours physiquement quelque part et mentalement ailleurs. Il m’a donc paru intéressant d’analyser comment le monde réel et le monde virtuel s’envahissent mutuellement, et comment le virtuel, en particulier, peut interférer avec le réel. Ensuite, je me suis dit : tentons l’expérience. Je vois ça comme une expérience, tellement c’était particulier.
Pourriez-vous nous expliquer votre démarche artistique pour ce film Je voulais réaliser un film à petit budget avant de passer à un projet plus ambitieux, qui aurait demandé plus de temps. L’équipe était réduite et j’ai collaboré de près avec les actrices tout au long du projet. Pour moi, l’objectif principal était d’avoir un aperçu de cette nouvelle génération, de m’en approcher le plus possible. Ce n’est pas quelque chose de passager : les réseaux sociaux font partie intégrante de leur vie, c’est leur manière de vivre. C’est ainsi qu’elles ont grandi, c’est devenu une seconde nature pour elles.
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