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Retour à Le Dernier Film Soviétique Entretien avec Alexander Hahn (Réalisateur, Scénariste, Acteur) Qu’est-ce qui a inspiré Le Dernier Film Soviétique ? Le film a été conçu comme une parodie ainsi qu’un hommage aux innombrables films soviétiques classés interdits comme par exemple La Commissaire d’ Aleksandr Askoldov. La Commissaire a été tourné dans le climat politique de l’après dégel de Khrouchtchev. Dès le démarrage de la production, les censeurs de Goskino ont contraint Askoldov a opérer d’importants changements : 1967 était l’année du 50ème anniversaire de la Révolution d’octobre 1917 et les événements devaient être présentés dans le style du réalisme héroïque exigé par le Parti Communiste. Après avoir réalisé son film, Askoldov perdit son travail, fut renvoyé du Parti Communiste, accusé de parasitisme social, exilé de Moscou et définitivement interdit de travailler sur des longs-métrages. On lui apprit que l’unique copie du film avait été détruite. Mordukova et Bikov, de grandes stars du cinéma soviétique, durent plaider sa cause auprès des autorités pour lui éviter des ennuis encore plus gros. Le film fut archivé par le KGB durant vingt ans. En 1986, en raison des politiques de la Glasnost, la « Commission des Conflits » de l’Union des Cinéastes Soviétiques recommanda de re-sortir le film mais Goskino refusa de s’y soumettre. Après un plaidoyer d’Askoldov au Festival du Film de Moscou, à la veille de la dissolution de l’Union Soviétique, le film fut reconstitué et sortit finalement en 1988. Le film remporta l’Ours d’Argent – Grand Prix du Jury au 38ème Festival International du Film de Berlin. A quel point était-ce difficile de trouver l’équilibre entre vos rôles de réalisateur, de scénariste et d’acteur ? Ce n’était pas difficile du tout, d’autant que j’étais aussi le co-producteur du film. Et j’étais jeune, seulement 26 ans, juste un étudiant en cinéma à qui on a donné la chance de mettre en relief sa propre vision. Du coup je n’ai pas hésité à endosser autant de rôles différents. Alors que l’Union Soviétique se fissurait, j’ai été complètement happé par ma propre folie cinématographique qui n’a pris fin qu’à l’effondrement de l’URSS. En 1993 la première du film a eu lieu sous le titre de Far Away from St. Petersburg et il a récolté quelques prix comme le Prix Spécial du Jury à Houston, au Texas. Ensuite, dix ans plus tard, avec mon co-auteur favori, Alexander Mahler, nous avons eu l’idée de créer une version complètement nouvelle du film et c’est devenu Le Dernier Film Soviétique. Le Dernier Film Soviètique est vraiment drôle. Avez-vous des anecdotes ou des souvenirs amusants du tournage ? En effet, il y a eu beaucoup d’incidents drôles. Il y a une chose dont je me souviens avec beaucoup de tendresse : mon assistant réalisateur m’a fait une blague et a dirigé une scène en mon absence dans laquelle une femme nue chevauchait un cheval. Lorsque j’ai vu cette scène pour la première fois, j’ai été très perplexe au départ mais finalement, j’ai tellement aimé cette scène que je l’ai intégrée au film. Maria de Medeiros, qui joue la petite-amie de Bruce Willis dans Pulp Fiction, a travaillé avec vous sur votre film Midsummer Madness. Comment était-ce de travailler avec elle ? Travailler avec Maria était plein de suspense parce que je ne l’ai rencontrée pour la première fois que la veille du tournage. Et j’ai été complètement soulagé de voir qu’elle était très détendue et qu’elle était aussi très encline à adopter mon style d’humour. J’aimerais vraiment beaucoup tourner autre chose avec elle et il y aura peut-être des opportunités dans le futur pour cela, mais on ne peut rien prévoir. Vous travaillez sur des films depuis les années 1980. Quelle est aujourd’hui la plus importante chose que vous ayez accomplie dans le cadre de votre carrière ? Midsummer Madness (2007) figure en haut de ma liste. Ce film m’a permis de travailler – en plus de Maria de Medeiros – avec un large éventail de grandes stars européennes : Dominique Pinon (Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Alien, la résurrection), Birgit Minichmayr (Le Parfum), Chulpan Khamatova (Goodbye, Lenin !) et enfin et non des moindres Gundars Abolins (Monsieur Taurins). Midsummer madnessa est sorti en DVD aux Etats-Unis en 2010. |

