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Retour à Tracteur, Amour et Rock'n'Roll
Entretien avec Branko Djuric (Réalisateur et acteur principal)
Comment vous est venue l'idée de ce film ? Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu faire un film sur le rock'n'roll des années 60. Je me sens très attaché à ce genre musical parce que j'ai grandi avec. À l’adolescence, j'étais dans un groupe. Après le lycée, je me suis lancé dans les études les plus proches du rock, à l'Académie des Arts de la scène. J'ai alors commencé à étudier pour devenir acteur.
Vous avez écrit le scénario, réalisé le film et tenez le rôle principal de Traktor, Amour et Rock'n'Roll. Était-ce plutôt facile ou difficile de jongler avec toutes ces responsabilités dans une seule production ? Quand j'ai écrit le scénario, je ne me suis pas identifié à l'esprit du personnage principal. Je pensais constamment aux acteurs qui pourraient convenir, mais à la fin il s'est avéré que j’interprétais le mieux le personnage. J'ai des années d'expérience à la fois en tant que réalisateur et en tant qu’acteur, je suis une machine bien huilée. D'une certaine manière il me semble plus facile de sauter en face de la caméra puis de « faire» et «obtenir» ce que je veux en même temps.
Ne pas obtenir un film narcissique quand une personne occupe ces trois postes est très important ? Oui, mais c'est vrai que c’est le risque que je prenais. J'aurais aussi pris l'entière responsabilité de l'échec du film et je suis très content de ne pas avoir eu à le faire. Le film se porte très bien, donc je suis heureux.
Quel message vouliez-vous faire passer avec ce film ? Je voulais simplement faire un film sur l'amour dans un petit village, quelque part dans l'ancienne Yougoslavie des années 60, une époque où la musique de Chuck Berry ou des Rolling Stones presque complètement inconnue derrière le rideau de fer. En fait, nous avons même offert à Chuck Berry le rôle du chef d'orchestre tzigane, mais malheureusement, il s’est désisté quelques semaines avant le début du tournage.
Vous avez évolué dans les milieux du théâtre, du cinéma, de la télévision et sur les scènes de musique. Lequel est votre préféré et pourquoi ? J'ai toujours été rock'n'roll au fond de moi, peu importe où je joue. J'aime jouer au théâtre, j'aime travailler sur des films, mais je m’amuse beaucoup plus quand je joue avec mon groupe nommé Bombay Stampa.
Vous êtes sans doute l'une des plus importantes personnalités de la télévision et du cinéma dans les Balkans. Quelle est votre perception de l'industrie du cinéma de ces pays par rapport au cinéma européen de l'Ouest ? Y a-t-il des choses à améliorer ? Dernièrement, j'ai l'impression que les Balkans ont un problème similaire aux films européens de l'Ouest et qui est que les films sont faits soit pour le grand public soit pour les festivals de cinéma. Il y a de moins en moins de films qui peuvent satisfaire à la fois ces deux ambitions. Parfois, je suis attristé de voir comment un très mauvais film peut être considéré comme un chef-d’œuvre simplement parce qu'il est en noir et blanc, au rythme lent et impossible à comprendre, et de l'autre côté, comment certains films bon marché sont très bien acceptés par les téléspectateurs. Il n'y a tout simplement rien de plus ordinaire dans l'industrie du cinéma.
Comment a été votre expérience sur le film britannique If We Dead Awaken ? J'aime la façon dont jouent les acteurs britanniques et j'ai travaillé avec de grands acteurs britanniques tels que Janet McTeer dans The Cat Run, mais sur ce projet c’était mon premier projet 100% anglais : les acteurs, la production, et le film a également été tourné à Londres. C'était une expérience formidable.
Vous travaillez sur des projets en ce moment ? Avez-vous quelque chose à nous dire à ce sujet ? Je prépare une nouvelle sitcom. Mes précédentes sitcoms TV ont été un succès. J'ai une superbe équipe derrière moi, donc là aussi c'est une machine bien huilée. J'ai aussi beaucoup de scripts prêts – l’un d’eux est actuellement en pré-production.
Retour à Tracteur, Amour et Rock'n'Roll
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