|
Entretien avec Maurice Trouwborst (Réalisateur)
Comment avez-vous rejoint ce projet ? La scénariste Lotte Tabbers est venue me proposer l’idée d’un film autobiographique sur l’équipe de football qu’elle a montée à l’âge de 30 ans. L’idée de réaliser un film anti-romantique sur l’amitié me plaisait beaucoup.
Comment avez-vous communiqué avec la scénariste Lotte Tabbers ? Était-elle très impliquée dans le tournage ? Très tôt, nous avons établi ensemble un thème et une intrigue pour le film et elle a commencé l’écriture. Je lisais et je lui faisais mes retours. Nous lisions les scènes ensemble et réécrivions certains dialogues. Mon rôle était principalement d’ajouter des blagues et des situations comiques au scénario. Au cours du casting, nous avons pris beaucoup de décisions ensemble. Sa vision du film était très importante pour moi. Lotte est venue sur le plateau quelques fois au cours du tournage. L’équipe de football de Lotte sur laquelle l’histoire est basée incarne une équipe adverse à l’écran. C’est elle qui félicite Wyne après son premier match.
Vous a-t-elle donné une liberté totale après vous avoir confié le scénario ou a-t-elle donné des indications particulières ? Elle m’a fait confiance. J’ai pris cette liberté après avoir parlé du scénario avec elle pendant des heures, pour m’assurer de bien comprendre l’intrigue et la vision qu’elle en avait. J’ai fait le même travail avec le chef décorateur et le directeur de la photographie. Je considère le cinéma comme un effort collectif et il faut exploiter toute la matière grise disponible.
Quel a été le plus grand défi lors du tournage de ce film ? Ce film a été tourné en seulement 20 jours, le temps a donc été notre problème majeur, surtout dans des situations qui échappaient à notre contrôle. Filmer les matchs était compliqué à cause de la distance qui me séparait des acteurs. Pour plus de réalisme, nous avons tourné depuis le bord du terrain avec des longues focales. J’ai donc dû courir toute la journée pour diriger les acteurs, parce que crier dans un mégaphone n’est pas une bonne manière d’obtenir un jeu naturel.
Conservez-vous des anecdotes amusantes du tournage ? Ryanne van Dorst nous a vraiment beaucoup fait rire en improvisant le rôle de Denise. Elle était si drôle ! Le directeur de la photographie faisait semblant d’être un hooligan et dirigeait son équipe avec un langage très cru, c’était hilarant. C’était très amusant d’inviter des amis proches sur le plateau pour faire de la figuration. Il y a également eu quelques situations tendues… J’ai malencontreusement envoyé un ballon dans la tête d’un membre de l’équipe, et je m’en veux encore !
En tant que cinéaste, que pensez-vous qu’il manque au cinéma néerlandais pour devenir aussi important que le cinéma italien ou britannique ? Le talon d’Achille du cinéma et de la télévision aux Pays-Bas est l’écriture. Une écriture de qualité prend du temps et la plupart des scénarios doivent être terminés en un an pour être tournés l’année suivante. C’est un délai très court. Nous manquons également de producteurs compétents en termes d’écriture. Ils sont souvent très doués pour le volet financier, mais des producteurs qui connaissent l’aspect artistique sont essentiels pour cette industrie. Malheureusement, ils sont très difficiles à trouver.
Quelles sont vos principales influences cinématographiques ? Steven Spielberg. J’ai vu ses films, surtout Jurassic Park, plus d’une centaine de fois. Ils m’ont appris énormément sur la narration et la mise en scène, et le style de Spielberg a été une aide précieuse pour réaliser la série d’aventure Zenith en 2016.
Mes réalisateurs préférés sont les frères Coen et Anders Thomas Jensen pour leurs comédies noires. C’est un genre qui me plaît beaucoup. Mes directeurs de la photographie préférés sont Robert Elswit, Roger Deakins et Jean-Yves Escoffier.
Vous avez également réalisé des épisodes de séries, des publicités et des clips. Que préférez-vous ? Avec lequel êtes-vous le plus à l’aise ? Je les aime tous pour différentes raisons. Les séries, c’est fantastique ! Le défi est dans l’écriture, qui diffère d’un long-métrage puisque les personnages sont beaucoup plus fouillés et que les possibilités sont bien plus nombreuses en termes d’intrigue.
Pour une publicité, on dispose de beaucoup de temps et de moyens. On peut tourner 60 prises et vraiment prendre le temps de diriger les acteurs. L’important, c’est le message que l’on veut faire passer dans un projet. C’est pourquoi la plupart des publicités ont finalement peu d’intérêt.
Les clips sont un excellent moyen d’expression parce qu’il s’agit de petits projets qui laissent une grande liberté créative. C’est parfait pour faire des expériences techniques et narratives. Mais en définitive, je préfère les films et séries de fiction.
Retour à Match final
|