Interview - Ane Dahl Torp

Ane Dahl

 

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Interview avec Ane Dahl Torp (Nina Skåtøy)

Comment avez vous vécu, à travers ce film, le retour aux années 70 et la période communiste ?

De nombreuses personnes radicales dans les années 70 étaient liées aux universités, et j’ai senti de l’excitation en pensant que tout s’était passé vraiment tout près d’où je vivais étant enfant, puisque j’allais aux jardins d’enfants à l’Université d’Oslo. D’une certaine manière, j’ai toujours été attirée par cette époque ; je pense que beaucoup de personnes le sont. Non seulement par la musique et la mode, mais aussi le fait d’être vraiment dans un contexte politique particulier et de bouillonner pour quelque chose de plus grand m’a attirée. Je ne peux pas me vanter d’avoir un agenda politique aussi intense que beaucoup de personnes avaient alors.

Quels ont été les défis pour interpréter une jeune femme dans la Norvège des années 70 ?

Le projet du parti AKP (m-l) nous semble plutôt ridicule aujourd’hui, et ils ont fait des erreurs en idolâtrant Mao, Red Khmer… Ils croyaient qu’une révolution équivalente à celle vécue en Chine pouvait arriver en Norvège, et voulaient sacrifier tout pour en arriver là. Saisir la beauté de ce projet, le rêve absolu, a été mon plus grand défi. Mais c’est absolument crucial de comprendre le personnage, puisqu’elle a été une véritable révolutionnaire, totalement dévouée à Mao et au communisme. L’essence de leur rêve consistait en un meilleur monde pour toute l’humanité, pas seulement pour eux mêmes et leurs désirs. Et il y a une grande beauté dans ce rêve.

Quelle est la différence entre les femmes des années 70 et les femmes modernes dans la société norvégienne ?

Très peu de personnes en Norvège sont autant investies en politique aujourd’hui. Même si je pense que la jeune génération commence plus ou moins à s’intéresser de nouveau à la politique, elle est loin d’être au niveau des communistes de l’époque, qui étaient même extrémistes. Ces personnes ont sacrifié leurs études et leur brillante carrière pour ce combat. On peut dire que c’est tragique mais c’est aussi merveilleux. De nos jours, se sacrifier pour le bien d’autrui est une chose plutôt rare.

Avez-vous d’autres projets en développement en ce moment ?

J’ai deux projets merveilleux qui vont bientôt commencer, l’un en juin, l’autre en septembre. Je suis incroyablement chanceuse d’avoir le rôle principal dans les deux, ce qui n’était jamais arrivé auparavant : il n’y a pas tellement de premier rôle pour les femmes. De plus petits rôles peuvent être formidables également mais avec le premier rôle, vous avez une plus grande histoire à raconter. Surtout que l’un d’entre eux nécessite beaucoup de recherches. Par exemple, je vais devoir apprendre la photographie.

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