Interview - Jakub Kroner

jakub kroner 1
Jakub kroner 2
    

Retour à Amour

Interview avec Jakub Kroner (Réalisateur)

Quel message vouliez-vous faire passer avec le film?
C'est tout d'abord un film sur cette minorité ne souhaitant pas gagner de l'argent grâce à un travail ordinaire. Ils se tournent vers les activités illégales ironiquement beaucoup plus lucratives. En slovaque, le mot Lóve veut dire amour mais aussi argent en argot. Le film joue sur ce double-sens : l'argent, l'amitié, l'amour, tout est entremêlé.

Comment s'est passé le casting? Aviez-vous déjà travaillé avec ces acteurs ou vous avez procédé à des sélections?
J'avais déjà les acteurs principaux en tête (Jakub Gogal, Michal Nemtuda, Kristina Svarinska) lorsque j'ai écrit le scénario. Ça fait plusieurs années que je les connais, et que je les ai vu évoluer. Je voulais des jeunes encore peu connus mais ayant une solide expérience. Comme je les connaissais, je savais exactement jusqu'où je pouvais aller avec eux.

Amour est-il une image fidèle de la Slovaquie aujourd'hui?
Tout le film a été tourné à Bratislava, et même si on y voit la face sombre de la ville, je pense que j'ai réussi à montrer quelle est la vie des jeunes sur les campus et leur vie nocturne.

Qu'est-ce qui vous a inspiré pour créer un film avec autant de contrastes (amour, action, vols...) ?
Je me suis inspiré du propre environnement dans lequel j'ai grandi. J'y ai connu de nombreux contrastes, sociaux et sociétaux. Je voulais m'inspirer de ces différences.

En tant que jeune réalisateur, comment voyez-vous l'industrie cinématographique slovaque ?
Il se trouve que nous n'avons pas vraiment d'industrie cinématographique slovaque. Aujourd'hui, la production est essentiellement artistique. C'est bien, mais il ne faut pas sous-estimer l'importance du film commercial. Le cinéma slovaque manque encore de diversité dans les genres. Tous les films se ressemblent, avec le risque de montrer une seule image de notre pays aux téléspectateurs, ou de toujours leur raconter la même histoire. Les jeunes réalisateurs veulent essayer de faire des choses qui n'ont jamais été faites en Slovaquie, comme des films d'horreur ou des thrillers, mais nous avons encore du mal à financer tout ça.

Sur quels projets travaillez-vous en ce moment? Pouvez-vous nous en parler ?
Je viens de finir d'écrire un scénario, et je voudrais commencer à tourner au deuxième semestre cette année : Kerolayna69. C'est un film qui pourrait choquer les plus jeunes, puisque c'est sur la prostitution et le trafic humain.
Je suis aussi réalisateur pour un autre film, Leopoldov. Le film raconte l'histoire de la plus grande rébellion dans une prison slovaque, puis la fuite de sept prisonniers, qui a eu lieu dans les années 90.

Retour à Amour