Comment vous est venue l’idée de ce film ?
C'était la première fois que je me retrouvais avec une caméra dans les mains. J’étais journaliste avant, je travaillais pour des agences de presse internationales. Je vis dans un quartier un peu fou et un jour j'ai vu des hommes dans des voitures bizarres alors je les ai suivis à vélo. Nous sommes ensuite devenus amis, j’ai appris leur histoire et nous nous sommes raconté nos expériences pendant la guerre du Kosovo. C'était un pur hasard !
On dit que ce film est l’un des plus piratés dans les Balkans. Qu’est-ce que vous en pensez ?
Il y a plusieurs années, quelqu’un a créé une page Wikipédia sur moi en disant que je soutenais le copyleft (la libre copie), ce qui n’est pas vraiment exact. Je suis fier que mon film soit autant piraté et au final j’ai tout appris de ce marché alors c’est bien de pouvoir lui rendre quelque chose. Je peux aussi obtenir des cadeaux avec ce film. Quand je mentionne Jolie Dyana, les gens m’accueillent comme un vieil ami. Cela me rend très heureux.
Après avoir vu leur façon de recycler, pensez-vous que d'autres communautés ont quelque chose à apprendre de cette expérience ?
Je pense que ce film a une valeur éducative en ce sens que ces gens montrent leur amour pour la vie dans l'attention qu'ils accordent aux choses matérielles. Ce sont des alchimistes : ils prennent des ordures et en font de l’argent, ils prennent de vieilles voitures et les transforment en ces symboles de pouvoir, de liberté et de style.
Quel a été le processus de financement ? Était-ce de l’autofinancement ou avez-vous eu recours à des producteurs ?
Je l’ai autofinancé. Il n’y avait que moi avec ma caméra et j’ai fait le montage en utilisant un logiciel acheté au marché noir. Je l’ai aussi envoyé moi-même aux festivals, encouragé par mes amis.
Parlez-nous un peu de cela. Comment avez-vous réussi à le présenter à autant de festivals ?
C’était de la chance. En 2002, je recherchais sur internet des festivals de film et le premier qui est apparu était un festival important aux Pays-Bas. La date limite pour postuler était cinq jours plus tard, j’ai envoyé deux copies VHS à Amsterdam et le film a été sélectionné parmi 1800 candidats.