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Cristiano Bortone
Cristiano Bortone

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Interview avec Cristiano Bortone (Réalisateur)
Comment l’histoire de ce film vous est-elle venue à l’esprit ? Je suis toujours à la recherche de nouvelles idées et de nouveaux concepts pour mes films. Certaines histoires me viennent à l’esprit dans les moments les plus inattendus. En fait, je buvais un verre avec des amis. Puis, certains ont commencé à plaisanter sur le fait que les hommes sont maltraités lorsqu’ils sont jeunes, alors que les femmes paraissent plus matures et cherchent des compagnons plus âgés. Mais en grandissant, les hommes deviennent plus matures, et la tendance s’inverse donc. C’est là que je me suis dit : « les thèmes de la séduction et de la guerre des sexes suscitent toujours autant de controverse et de rires. On ne peut rien y faire ! Mais au final, ça permet aux gens de s’amuser autour d’un verre, et l’amour finir toujours par prendre le dessus ». C’est donc comme ça que l’idée de cette histoire m’est venue en tête : « On dit que l’amour n’a pas de règles, mais que se passerait-il si quelqu’un prétendait qu’il y en avait ? ».
D’où viennent les dix règles ? Quel a été le processus pour les inventer ? Le grand Stendhal disait que l’amour est une science. En réalité, bien que la vie soit le résultat des variables les plus inattendues, il y a des comportements archétypaux. Il est aussi vrai que, avec le temps, nous avons appris à détecter certains signaux, à anticiper certaines réactions. Ainsi, en ce qui concerne les émotions, l’expérience est une aide précieuse. Quand nous étions jeunes, nous nous sommes tous demandés quelle était la meilleure façon d’aborder une fille, ou quel était le moment propice pour un baiser.
Avec les scénaristes, nous avons commencé à constituer des règles à partir d’une expérience imaginaire du début à la fin. C’était un exercice amusant qui s’accompagnait de retournements de situations. Après tout, n’oublions pas que certaines de ces règles sont absurdes, et laissent place à des erreurs et des malentendus.
Ces dix règles imaginaires reflètent un point de vue particulier, celui de l’archétype du macho italien, mais le protagoniste cède à la romance traditionnelle. Comment êtes-vous parvenu à transcrire cet archétype dans une comédie universelle ? Bien que les dix règles fassent partie de la démarche d’un macho, incarné dans le film par le fantastique comédien Vicenzo Salemme, elles finissent par devenir universelles. Prenons des comédies classiques comme Cyrano de Bergerac ou, plus récemment, 40 ans, toujours puçeau. La fantaisie de la logique et de l’expérience qui domine l’irrationalité des émotions est en quelque sorte mondialement reconnue. Ensuite, bien sûr, chacune de ses règles est un prétexte pour donner lieu à des situations comiques dans l’histoire.
Comment avez-vous sélectionné les acteurs, quelles qualités recherchiez-vous ? Je suis généralement quelqu’un de très curieux qui aime faire des expériences. Bien que ce film soit une comédie classique, j’ai donné une chance à une jeune découverte pour être la vedette du film. Guglielmo Scilla était une star du web très sarcastique qui avait des milliers d’abonnés, mais qui n’avait jamais joué dans un film auparavant. J’ai donc décidé de le faire passer du web au grand écran. Au final, il a même publié un livre sur les dix règles, et celui-ci a eu un franc succès en Italie. À ses côtés, on trouve son père qui est un célèbre comédien italien, et qui joue ici un rôle plus émouvant que ce qu’il a l’habitude de faire. Il a été acclamé pour cela puisque de nombreux critiques se sont rendu compte de son vrai potentiel d’acteur.
Bien sûr, nous avons adoré constituer le groupe de camarades de chambre. Ce groupe compte, entre autres, Fatima Trotta qui, à l’époque, présentait l’émission décalée, Made in sud. Elle est à présent beaucoup plus connue.
Quel message vouliez-vous véhiculer avec cette comédie ? Je fais différents types de films, certains sont plus profonds, d’autres plus amusants. Lorsque l’on réalise une comédie, on pense tout d’abord à faire rire les gens. Toutefois, il est vrai que 10 règles pour tomber amoureux comporte aussi une note très émouvante qui est présente dans la plupart de mes films. Après tout, une comédie a plus d’impact quand il y a aussi des moments émouvants.
Comment définiriez-vous votre style en tant que réalisateur ? C’est ce que je me demande tous les jours quand je me regarde dans le miroir. Je me demande si ça arrive à tous les réalisateurs. Je dirais que je suis très curieux, et que je n’ai pas peur de faire mes preuves avec des choses nouvelles. Les nouveaux défis rendent notre travail toujours plus passionnant.
Travaillez-vous sur un quelconque projet en ce moment ? Pouvez-vous nous en parler ? Je viens de finir mon nouveau film, Coffee. Il a été projeté au dernier festival du film international de Venise, et il commence à se faire connaître mondialement. C’est la première coproduction officielle entre l’Italie, la Chine et la Belgique. Il s’agit d’un film intense qui relie trois destins des quatre coins du globes par un seul élément… le café. Je dirais que c’est une intrigue unique.
En ce moment, je travaille de plus en plus avec la Chine. Nous avons plusieurs projets dont… un remake de 10 règles pour tomber amoureux !
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