Interview avec Francesco Patierno

Patierno

Patierno

Retour à D’un autre monde

Interview avec Francesco Patierno (Réalisateur)

Comment vous est venue l’idée de ce film ?
Mon producteur avait visionné un film intitulé A Day Without a Mexican, dans lequel tous les Mexicains de Los Angeles disparaissent pour un jour, causant des difficultés économiques dans toute la ville. Il m’a donc demandé s’il serait possible d’utiliser cette idée – après avoir payé pour les droits – pour en faire une version italienne.
J’ai pensé que cette idée avait un potentiel énorme. Mais une idée géniale n’est pas suffisante pour faire un bon film. Je me suis alors souvenu d’un discours d’un politicien du nord de l’Italie sur l’immigration que j’avais sauvegardé sur mon PC. Ses paroles étaient à la fois affreuses et à mourir de rire. Cete homme m’a donné l’inspiration sur la manière de développer l’idée de mon producteur.

Pourquoi avez-vous décidé de faire un film sur les immigrés et leur disparition imaginaire ?
Je voulais refléter le comportement trompeur que les Italiens ont parfois à l’encontre des étrangers. Je n’étais pas intéressé à montrer que les immigrés sont importants pour l’économie, et que sans eux nous aurions des problèmes, je voulais réféchir sur une autre problématique : laisseraient-ils aussi un manque émotionnel s’ils disparaissaient ?

Pensez-vous que ce film a aidé en termes d’acceptation des immigrés en Italie ?
Je suis sûr que ceux qui ont vu le film ont longuement réféchi sur son message provocateur, et c’est déjà beaucoup pour moi et pour un film.

Quelle a été votre expérience de travail avec Diego Abatantuono, une légende de la comédie italienne ?
C’était super. J’étais, et suis toujours, un grand fan. J’ai écrit le rôle du personage principal en pensant à lui et lorsqu’il a accepté je ne pouvais pas le croire. Cela m’a pris un peu de temps durant la préparation de changer ma casquette de fan par celle du réalisateur.

Y a-t-il une anecdote amusante ou mémorable que vous avez gardée du tournage ?
Je me souviens qu’une nuit après le tournage, Diego Abatantuono, Valerio Mastrandrea et moi étions en voiture à la recherche d’un restaurant. Après un certain temps, nous nous sommes perdus et Diego a allumé le système de navigation qui parlé dans la vois du "terruncello", son personnage le plus célèbre. C’était un homme qui parlait dans un dialecte amusant du sud de l’Italie. Nous avons piqué un fou rire jusqu’aux larmes !

Avez-vous reçu quelques critiques pour avoir mis en scène le scémario possible d’une ville sans immigrés ?
J’étais sans aucun doute préparé à recevoir des critiques car je n’ai pas suivi une approche politique de l’immigration.

Travaillez-vous sur un projet de film en ce moment ? Pourriez-vous nous en dire un mot ?
Oui, je travaille sur un documentaire très important inspiré par Naples '44, un livre de Norman Lewis. C’est un sujet très important pour moi et j’espère le finir en juin.

Retour à D’un autre monde