Interview avec Jennipher Rodríguez

Jenipher 

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Interview with Jennipher Rodríguez (Actress)

Qu’est-ce qui a fait que vous vous êtes impliquée dans le projet ?
Pour faire partie d’un projet en particulier, et devenir l’un des personnages principaux d’un film d’auteur en Italie, il ne suffit pas d’être au bon moment au casting. Il faut aussi être très bien préparé, en plus de posséder les atouts pour incarner un certain type de personnages.

Ma carrière de mannequin (qui a débuté dans mon pays, le Venezuela), m’a beaucoup servi dans la préparation de mon rôle. Après ma carrière, j’ai commencé à m’intéresser au cinéma. Je m’y suis investie après avoir étudié l’art dramatique à Milan, et plus tard dans l’académie de performance cinématographique (Cineway) pendant que je travaillais comme showgirl à la télévision italienne.

Comment se fait-il qu’une actrice vénézuélienne joue dans l’une des comédies les plus significatives du cinéma italien en 2014 ?
Je suis Vénézuélienne, mais j’ai l’impression d’être une citoyenne du monde de par ma profession de mannequin. Cela m’a permis de parcourir le monde. Ceci étant, j’ai grandi dans un pays où à l’école j’ai pu échanger avec des gens du différents pays, y compris de l’Italie.

Pour jouer dans une comédie - significative du cinéma italien - il ne suffit pas de s’identifier à la culture du pays. Il faut pouvoir être « performant » dans une niche où la qualité est marque de garantie.

Comment avez-vous débuté dans le monde artistique en Italie ?
Simplement et difficilement. Je suis née dans une famille de médecins et de musiciens.  Mes parents voulaient que j’étudie la médecine. Mais peut-être que mon esprit rebelle d’adolescente a pris le pas, faisant de moi une fille très indépendante qui ne laisse personne décider à ma place. Je me suis alors réfugiée dans la musique. Je suis rentrée au conservatoire et j’étudiais tous les jours pendant au moins quatre heures.

Je ne voulais pas étudier la médecine parce que cela m’aurait empêchée de poursuivre mes études de musique. J’ai donc décidé de faire des études en psychologie, que je n’ai d’ailleurs pas terminées. Je ne voulais rien étudier d’autre. Mon comportement s’est dégradé et mon seul exutoire était de me « défouler » dans des concerts de rock.

Mes parents m’ont inscrite dans une école de mannequinat. À partir de là, je peux vous dire que ma vie a changé, ainsi que ma perception de choses ! C’était aussi le début de mon aventure dans le monde de la mode. Après avoir participé à miss Venezuela, parce que j’avais été choisie par le président du concours dans mon école, j’ai décidé d’étudier quelque chose de simple pour pouvoir continuer ma carrière de mannequin. J’ai commencé à étudier la publicité et le marketing de soir.

Après avoir participé à l’un des concours les plus prisés du pays, du genre Miss Venezuela, ma carrière internationale de mannequin était lancée. Je suis allée dans les plus grandes villes de la mode : Paris, New-York, Londres et Milan. À Milan, j’ai pu travailler avec de grosses firmes, ce qui a fait que l’Italie est devenu le pays où je restais le plus souvent.  J’ai passé plusieurs années là-bas dans le monde de la télévision. C’est alors que j’ai compris que ce qui m’intéressait ; ce n’était pas d’exposer ma personne, mais plutôt de jouer un personnage. J’ai commencé à m’informer sur le théâtre et les écoles d’art dramatique. C’est là que j’ai trouvé mon « défouloir ».

Votre personnage est très sensuel. Comment se prépare-t-on pour des scènes de nu ?
J’incarne Morgana, une femme déterminée mais très vulnérable. Elle est décidée mais fragile en même temps. C’est une femme complexe qui est instinctive et décidée à atteindre ses objectifs. Elle ne réfléchit pas en premier, et elle utilise spontanément ses attributs féminins pour tout de suite arriver à ses fins. Tout cela dans un monde cruel où elle-même ne peut dissimuler sa sensibilité.  

Cela dit, pour une actrice, jouer une scène de nu en interprétant un personnage comme Morgana, revient à exprimer sa nature transgressive. Personnellement, je ne trouvais pas ça difficile, puisque la préparation de scènes de nu ce n’est pas si différent de ce que je faisais en tant que mannequin. J’ai appris à connaître mon corps. J’ai toujours été très sensuelle et séduisante lorsque je posais pour des catalogues de lingerie ou des maillots de bain, des calendriers, ou par exemple la couverture de la première édition de Playboy Venezuela.

Je pense que la relation que nous avons avec notre corps est importante pour faire des scènes de nu. C’est aussi important parce que lorsque vous interprétez quelqu’un d’autre, c’est plus simple d’avoir un état d’esprit et une attitude que reflètent une autre personnalité.

Quelle est la morale de l’histoire ?
Il est évident que ce film nous pousse à réfléchir, parce que certaines caractéristiques du genre humain ressortent dans des comportements qui sont communs dans notre société.  Le film nous fait réaliser que dans des moments difficiles, les gens peuvent malheureusement renoncer à leurs valeurs et à leur bonté intérieure.

Travaillez-vous sur des projets en ce moment ?
Je travaille sur le livre d’un auteur italien qui sera adapté pour une série dont la production doit normalement débuter courant de l’année 2018 ou fin 2018. J’ai décidé en même temps d’aller un peu sur le marché américain, ce qui implique de parler notre langue universelle : l’anglais. Je pense qu’une actrice, surtout à cause du besoin de communiquer, devrait aussi être préparée à cela.

J’aimerais terminer en disant que dans notre vie, on ne peut renier ni abandonner nos racines, quel que soit le travail que nous faisons ou l’endroit où nous sommes. En tant que citoyen, il est de notre devoir de faire le bien, tout en nous respectant nous-mêmes et en contribuant à notre développement intérieur. Dans notre monde, nous avons besoin de plus d’amour et nous devons préserver notre dignité par dessous tout.

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