Interview avec Mads Mikkelson (Lumières scintillantes)

Mads

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Interview avec Mads Mikkelson (Acteur)

Il s’agit là d’un film encore plus ancien, quels sont vos souvenirs de tournage ?
Je me souviens que c'était la première fois que je tournais dans une comédie. C'était un film réalisé par Anders Thomas Jensen, qui était de plus en plus en vue dans l'écriture de scénario, mais c'était sa première fois en tant que réalisateur. On pouvait tout de suite voir que c'était différent de tous les films qui avaient été faits au Danemark auparavant. Il a créé un univers avec sa propre réalité, qui n'était pas basé sur la comédie romantique.Il s’agissait plutôt de quatre amis qui n'avaient rien en commun et qui se sont mis ensemble pour diverses raisons.

Je me souviens m'être dit que c'était magnifiquement poétique et aussi désopilant. C'est quelque chose de rare puisque lorsqu’on fait une comédie romantique, ça devient tout de suite mignon. C'était en même temps très poétique et drôle.

Comment avez-vous participé à ce film, celui qui marque le début d'une longue collaboration avec le réalisateur ?
Je l'ai fait parce que je le connaissais personnellement et de divers endroits. Il était toujours partout. Toujours très intimidant et drôle. On s'est tout de suite bien entendu. Il voyait la vie d'une drôle de manière, je suppose que moi aussi. Il m'a demandé si je voulais être dans le film.

Comment vous êtes-vous préparé pour le personnage et la violence qu'il incarne parfois ?
Nous avons opté pour l’utilisation de faits marquants pour ces personnages. Ils renferment tous des choses extrêmes qu'on peut voir dans les flashbacks.

Concernant la violence, c'était facile. C'était son langage, ce qu'il connaissait et ce qu'il faisait. Si mon personnage avait un problème, il s'en débarrassait en cognant. L'approche était assez radicale mais c'est typique d'Anders Thomas. Ses personnages ont une façon de communiquer particulière, et se développent à partir de là.

Ce film marquait le début de votre collaboration avec le réalisateur Anders Thomas Jensen. Êtes-vous toujours en contact ? Y a-t-il d'autres projets sur lesquels vous souhaitez travailler à l'avenir ?
Nous sommes très souvent en contact. Il est dernièrement parti s'installer à Los Angeles et je lui ai rendu visite quelques fois. La dernière chose que nous avions faite ensemble était Men & Chicken, il y a deux ans. Il y a eu une période de 10 ans pendant laquelle nous n'avons pas travaillé ensemble.

Il écrit en ce moment un projet que quelqu'un d'autre réalise et j'en fais partie. On travaille toujours ensemble en quelque sorte. Je ne peux pas m’imaginer ne pas faire partie d'un projet où il est réalisateur, parce que nous partageons tant de choses.

Donc vous formez un beau tandem du point de vue du cinéma…
Je pense que oui. C'est un homme très intelligent et brillant. Il n'y a personne d’autre comme lui dans le pays, et je n'ai jamais vu quelqu'un faire ce qu'il fait. Il a une touche de David Lynch et des frères Cohen, mais il est tout de même authentique. Ses histoires se passent dans des petites villes, des petites familles, mais avec de grands problèmes.

Vos films comptent toujours des bons acteurs. Est-ce vrai pour le dernier film ?
En plus de Jan Tříska (une grande star du film et du théâtre tchèques des années 1960), on a comme principaux acteurs, le fils de Miloš Forman, Petr Forman, et l'actrice slovaque Emília Vášáryová. Cette dernière est apparue pour la première fois dans le film de Vojtěch Jasný, When The Cat Comes, qui a remporté trois grands prix au festival de Cannes en 1964.

Depuis ce film, vous êtes la figure du méchant. Pourquoi pensez-vous que l'industrie vous a confiné dans cette catégorie ?
C'est difficile à dire. J'ai joué le plus souvent les bons gars et les héros que les méchants dans ma vie. Je dirais que mon personnage dans Lumières scintillantes n'est pas du tout un méchant. Il a noué des amitiés.Il n'a qu'une caractéristique, c'est qu'il est très violent. Mais ce sont tous des méchants et des criminels.

Pourquoi les américains ont fait ça ? Je pense que c'est normal pour eux, quand on a un accent, c'est comme ça qu'ils nous voient. Parfois ce sont les français ou les espagnols. Avant c'était les anglais. Maintenant ce sont certainsdanois. Ils ne nous considèrent que comme des méchants. Mais ceci étant dit, j'ai eu assez de chance de pouvoir développer différents personnages. Hannibal est très différent de mon rôle dans Doctor Strange.

Pendant ces années-là, le courant du Dogme 95 devenait très populaire. Étiez-vous toujours attiré par les films de ce genre ou bien c'est avec Lars von Trier que vous vouliez être ?
J'ai fait un film du Dogme avec Susanne Bier, et le scénariste était Anders Thomas Jensen.Ce film s’intituleOpen Hearts. J'en ai fait partie, mais cela ne me tentait pas plus que ça. Je faisais déjà des films avec Nicolas Winding Refn, lesquels étaient d'une certaine façon plus « Dogme » que les films Dogme, pour la simple et bonne raison qu'on n'avait pas de budget. Pour moi, c'était correct d'élaborer toutes ces règles, mais en tant qu'acteur je n'en avais pas besoin. Je veux dire, c'est sûr, c'est avant tout l'histoire, les personnages. Si ce n'est pas le cas, je ne vois aucune raison de faire un film.

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