Interview avec Marit Moum Aune

Marit

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Interview avec Marit Moum Aune (Réalisatrice)

Comment vous êtes-vous retrouvée à travailler sur ce projet ?
J’avais travaillé sur un film avec l’un des scénaristes auparavant. Je pense que c’est pour cela qu’il m’a demandé de participer.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans l’histoire de cette série ?
Lire le script a été magique pour moi. Dans un sens, c’était comme une description du pays. La série montre la réalité des pays nordiques et la raison pour laquelle les migrants viennent s’installer. Elle décrit cela de façon humoristique, mais avec justesse. Ils ont aussi eu l’idée d’introduire des scènes éloquentes, et il en résulte des sortes de courts-métrages dans la série.

J’ai participé au casting et il a aussi été magique de sélectionner les acteurs. Quand j’ai vu Bartek, le protagoniste, je me suis dit que le rôle avait été écrit pour lui puisqu’il est né en Pologne.

Considérez-vous que l’histoire soit pertinente compte tenu de l’immigration actuelle venant du Moyen-Orient ?
Il est intéressant de constater qu’il y a beaucoup de travailleurs polonais en Norvège, il s’agit de la nationalité la plus représentée parmi les immigrants venant travailler. Puisque notre pays est riche grâce à nos réserves de pétrole, les norvégiens ne font plus beaucoup de travaux manuels. C’est pour cela que beaucoup d’immigrants viennent travailler. Beaucoup d’entre nous culpabilisent en quelque sorte à cause de ça. De nombreux norvégiens n’aiment pas le fait que nous soyons devenus arrogants. C’est donc une opportunité de montrer la réalité du pays et la façon dont les immigrés nous perçoivent.

Comment décririez-vous la série à un public très différent (des téléspectateurs du Mozambique ou d’Argentine par exemple) ? Pourquoi ne devraient-ils manquer aucun épisode ?
La série traite du fait que les riches pensent souvent que les plus pauvres ne sont pas aussi intelligents qu’eux. Ce qui est totalement ridicule.

C’est une série très universelle puisque cela se produit partout dans le monde. On peut appliquer cela aux mexicains qui s’installent aux États-Unis, un pays voisin. Il peut même y avoir des différences entre les régions d’un même pays.

Les séries nordiques ont récemment gagné en popularité sur la scène internationale. Quelle est la raison de ce phénomène à votre avis ?
Je pense que la raison principale est que les séries sont financées par l’État. Donc quand on commence à en réaliser une, on ne fait pas attention au succès commercial. Cela nous permet de nous focaliser sur l’art plutôt que sur les ventes. En Scandinavie, il est très important de réaliser ce type de séries à cause de la langue. Nous devons continuer à faire vivre notre culture, et la télévision est très efficace pour cela. C’est la raison pour laquelle il y a beaucoup d’argent dans cette industrie.

Un autre facteur important en Scandinavie est le fait que de nombreux réalisateurs viennent du théâtre. Cela veut dire que tout le monde se concentre sur la qualité du récit et du jeu.

Travaillez-vous sur un quelconque projet en ce moment ? Pouvez-vous nous en parler ?
Je viens de finir le scénario d’un long-métrage. J’ai aussi récemment appris que je travaillerai avec Agnes Ravatn pour adapter son roman The Bird Tribunal.

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