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Interview avec Michael Glover (réalisateur) et Robyn Rosenkrantz (productrice) Comment avez-vous eu l’idée du scénario ? Comment avez-vous choisi les acteurs ? Aviez-vous des critères particuliers ? Comment se fait-il qu’un réalisateur américain finit-il par tourner à Berlin et en Europe, au lieu des États-Unis ? Robyn : On visite tout le temps l’Europe et on a toujours aimé Berlin. Nous y avons fait des concerts sympas et avons pu y rencontrer des gens formidables. On y avait donc des amis qu’on pouvait solliciter pour le tournage. Michael a réussi à mener la réalisation en langue étrangère, ce qui s’est très bien passé. Michael : J’écris le scénario en anglais. Puis, nous avons des amis écrivains qui traduisent les scènes dans la langue voulue. Pendant la répétition, j’ai travaillé les scènes avec les acteurs, travaillé les séquences, l’humeur et le « statut » des personnages dans la scène. Tous les acteurs parlent anglais, donc il est facile d’échanger sur le sens, les nuances, le récit. Sur le tournage, j’ai un superviseur de scénario dans la langue d’origine. Cela fait en sorte que les acteurs donnent la réplique tel qu’écrit et ne manquent ni ne changent aucun mot. Lorsque je dirige une scène, je me concentre sur l’énergie des acteurs, le langage corporel, et la communication non-verbale. Beaucoup passe par la communication non-verbale, donc ça marche plutôt bien. Quel est selon vous le message derrière Go with Le Flo ? Est-ce que c’est « rêve en grand » ? « Aime plus » ? « Reviens sur terre » ? Robyn : Si on s’aimait plus, il y aurait beaucoup moins de problèmes dans le monde ! Il y a tellement d’amour sur notre plateau de tournage indépendant, parce que tous ceux qui y sont, ont voulu y être. Et pour pas cher. Nous nous réunissons par amour du cinéma, pour créer quelque chose de plus grand que nous, quelque chose de beau que l’on peut partager avec les autres. Pouvez-vous parler à nos téléspectateurs, du projet Bright Blue Gorilla ? C’est plus que de la musique et du cinéma... Robyn : Bright Blue Gorilla est un véritable style de vie consistant à faire de l’art pour l’art ! C’est un moyen de nous guider dans la vie et de faire ce que l’on aime. Notre objectif est d’apporter de la gaité à chaque personne que nous rencontrons, des gens pour qui nous jouons et qui regardent nos films. Nous parcourons le monde depuis 1990, quand nous avons quitté nos emplois, vendu tout ce que nous avions (à part les guitares) et acheté un aller simple pour Amsterdam. Notre rêve était de voyager et de faire de la musique. Nous avons choisi l’aventure sans jamais regarder derrière. Nous nous sommes mariés deux ans après notre départ, donc ça fait 25 ans de mariage ! Michael : Ça s’est si vite passé. J’ai l’impression que ça fait 25 mois. C’est drôle, mais nous faisons nos tournées comme il y a 27 ans. On voyage par train, normalement. Pas de roadies. On est entre nous ! On s’est mis à faire du cinéma lorsqu’on a joué dans The Last Shot, avec Alec Baldwin et Matthew Broderick. C’était une grosse étape. Donc on a décidé avec notre chèque d’Hollywood de se procurer une caméra. On s’est longtemps dit qu’on ferait nous-mêmes nos longs-métrages. Et quand cette occasion s’est présentée, c’était la dernière pièce du puzzle. Plusieurs de nos amis étaient acteurs. Ils avaient déjà écrit des pièces de théâtre ou des scénarios. Donc tous les éléments étaient présents. Robyn : Nous aimons le processus de création d’un long-métrage. C’est un tel effort collectif, du moins de la façon dont nous nous y prenons. Ça convient aussi parfaitement à notre vie de musiciens ambulants. Nous nous sentons privilégiés de partager nos films et notre musique avec les téléspectateurs d’Eurochannel. Nous souhaitons encourager d’autres personnes à vivre leurs passions ! Après avoir été à Hollywood, maintenant que vous faites des films indépendants, à quels défis doit faire face un cinéaste aujourd’hui ? Robyn : Je pense que le problème pour les cinéastes, c'est de trouver un distributeur qui aime vraiment l’art, et pas juste l’argent. Nos films sont vraiment originaux. La plupart des films d’Hollywood sont des copies. Il faut vraiment trouver des gens spéciaux pour nous aider à diffuser nos films. Eurochannel était une belle trouvaille pour nous, autant que notre co-producteur/distributeur Under the Milky Way. Travaillez-vous en ce moment sur un projet ? Pouvez-vous nous en parler ? Robyn : Nous avons invité plusieurs des formidables acteurs de Go with Le Flo à participer à Mr. Rudolpho’s Jubilee. C’est aussi une comédie romantique, avec des éléments surréalistes. Bright Blue Gorilla joue un chœur grec, qui chante au public et qui est invisible aux personnages. Nous avons tourné à Berlin et en Italie, avec 300 artistes de 36 pays. C’est en trois langues cette fois : Anglais, Allemand et Italien. Pour le film, nous faisons une tournée aux États-Unis et en Europe à l’automne, et en Australie et Nouvelle-Zélande en 2018. Michael a tant de bonnes idées. Il écrit déjà notre septième et huitième long-métrage ! Nous avons été si reconnaissants envers les amateurs de cinéma du monde entier, qui ont donné à la Gorilla Film Fund ! |



