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Interview avec Nejc Gazvoda (Réalisateur)
Comment vous est venue l’idée pour ce film ? J’écris aussi des nouvelles, de la fiction. J’ai écrit cette histoire quand j’avais 19 ans, mais c’était à propos d’un groupe d’adolescent. D’autres éléments étaient différents (le personnage de Gregor, le soldat, est totalement nouveau), mais l’essence de l’histoire est la même. Je voulais raconter une histoire sur le changement dans nos vies. Quand devient-on adulte, combien de temps l’amitié dure-t-elle ? Et puis j’ai toujours aimé les bords de mer.
Vous attendiez-vous à un tel succès, sachant que vous partiez avec un petit budget ? Pas vraiment. Ce n’était pas très bien parti: à la fin du tournage nous n’avions plus d’argent pour la post-production. Je montais le film et je me disais : “Est-ce que nous avons fait tout ça pour rien ? Qui verra ce film ? » Mais finalement mon producteur a réussi à lever des fonds en Slovénie. Le budget était encore limité, autour de 100 000 euros, mais assez pour nous mener à bout du projet. Et j’étais très très content.
En parlant de budget, est-ce plus facile ou difficile de financer un film en Slovénie ? Si le scenario est solide, on peut trouver un producteur pour lui présenter le projet. De plus gros films sont presque impossibles à faire en Slovénie : le budget total de l’industrie du cinéma est de 5 millions d’euros, et ça inclut les festivals, publications, écoles etc. Mais si vous êtes intelligent et trouvez un angle intéressant, ça peut se faire. Mais il faut aussi un peu de chance et il faut parfois attendre très longtemps. La situation actuelle n’est pas des meilleures, il faut se battre, comme dans tous les pays.
Ce films m’en rappelle un autre, diffusé sur Eurochannel, Rêveurs, de Jitka Rudolfová, en avez-vous entendu parler ? Non, mais merci pour la recommandation ! Je suis un grand fan d’un autre film tchèque, Jizda de Jan Sverak. Si vous avez l’occasion, vous pourrez trouver des similarités. C’est un très très bon film !
Quel a été le plus grand défi à l’heure de réaliser ce film ? Rester dans le budget, sacrifier certaines scènes puisque nous n’avions que 14 jours de tournage. Mais ce n’était pas difficile ou frustrant, j’aime faire des films. J’adore ça, tous les aspects possibles.
En tant que jeune réalisateur, comment voyez-vous le future de l’industrie du cinéma en Slovénie ? En tant que membre de la nouvelle génération, je pense que des problèmes arrivent, pour la Slovénie en général. Il y a peu de travail, le pays a une énorme dette, et tous les budgets sont réduits. Le cinéma n’a jamais été florissant en Slovénie, et ce n’est pas prêt de changer. Mais en même temps, si vous pouvez avoir un peu d’argent de la part de l’Etat, c’est déjà énorme, beaucoup plus que ce que certains réalisateurs ont dans d’autres pays. Je supporte le Fond Slovène pour le cinéma, parce que e pense que c’est une institution importante, la seule que nous ayons et nous devons respecter cela. Ce que j‘espère c’est qu’il y aura bientôt plus de créativité et d’ambition, plus de scénarios fous et plus de personnes prêtes à prendre des risques pour faire un bon film. Nous avons besoin de ce genre de personne.
Travaillez-vous sur d’autres projets actuellement ? Pouvez-vous nous en parler ? Pour l’instant je travaille dans le théâtre. J’ai eu un grand succès avec ma première pièce, que j’ai écrite et dirigée, et du coup j’ai de nouvelles propositions. Mais le cinéma est et restera mon premier amour, et j’espère commencer un nouveau projet en 2015. J’ai quelques idées, mais ça reste confidentiel.
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