Interview avec Philipp Eichholtz

Philipp

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Interview avec Philipp Eichholtz (réalisateur)

Comment vous est venue l’idée de ce film ?
Le sujet du film est la dépression. Bien que le mot “dépression” ne soit jamais mentionné ou entendu dans le film lui-même. Ça parle de cela. Malheureusement, j’ai vécu moi-même une phase de dépression. L’idée du film est donc venue de ma propre expérience et de mes sentiments je suppose. Mais c’était très important pour moi d’en faire un film positif, où en tant que téléspectateur vous pouvez en rire à certains moments.

Y-a t-il une raison particulière quant à la durée du film ? D’une certaine manière, il semble trop court pour une histoire si importante.
Le premier montage était plus long de 50 minutes. Mon monteur et moi avons dû supprimer beaucoup de nos scènes favorites pour les raccourcir. Même si la version longue comportait quelques beaux moments vis-à-vis des personnages, la version finale, plus courte, a un impact dramatique plus important.

Qu’est-ce que qui vous a inspiré pour le personnage de Luca ?
C’est ma petite amie de l’époque qui m’a inspiré le personnage de Luca. Le film est une lettre d’amour à son intention.

Après ce film, quel conseil donneriez-vous aux adolescents souffrants, comme votre personnage principal, de dépression ?
Oh, c’est une question difficile. Pour un sujet aussi complexe que la dépression, il n’existe pas de réponse toute faite. Si vous en souffrez, essayez d’en parler aux personnes en qui vous avez confiance. Il n’y a pas de remède sans premier pas. Je pense en général que la dépression ne vous quitte jamais. Ça vient et ça repart par vagues, alors vous devez trouver le moyen de vivre avec.

Quel a été votre plus gros défi en tournant Luca danse en silence ?
Du point de vue de la réalisation, nous n’avions pas de budget et donc peu de temps. Du point de vue narratif, trouver le bon équilibre dans la chute de Luca afin de garder le spectateur impliqué dans son histoire. J’ai beaucoup réécrit le script lors du tournage.

En tant que jeune réalisateur, comment compareriez-vous l’industrie allemande par rapport au reste de l’Europe ?
Cela ne va pas être diffusé en Allemagne, n’est-ce pas ? Alors je vais répondre honnêtement. Si on parle de financement, nous sommes un pays très conservateur. Nos voisins prennent beaucoup plus de risques avec leurs films. En Allemagne, la plupart des films à gros budget sont des comédies idiotes ou des drames sans aucun humour. Sur la scène indépendante, cependant, je pense que nous en sommes au même point que le reste de l’Europe. Voir même en avance si on parle de Berlin. Cette ville est un centre névralgique pour les personnes créatives du monde entier.

Travaillez-vous sur des projets de film actuellement ? Pouvez-vous nous en parler ?
La suite de Luca danse en silence est d’ores et déjà terminée et sortira en 2018. C’est la dernière partie de ma petite trilogie de Loveletter Trilogy. La première était Love Me! et la seconde Luca danse en silence. Le personnage principal de Love me! a d’ailleurs un petit caméo sur le pont à la fin de Luca danse en silence. La fille avec l’imperméable rouge. Et Luca apparaît en caméo dans le suivant. Mais ce n’est pas un point essentiel d’en avoir connaissance. Chaque film est indépendant des autres. Vous n’avez donc pas besoin d’avoir vu les autres films pour l’apprécier. J’aime juste l’idée que ces trois personnages vivent dans le même Berlin.

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