Interview avec Pierr Nosari

 

 

Retour à Subbuteopia

Interview avec Pierr Nosari (Réalisateur)

Comment s’est passé votre immersion dans le monde du Subbuteo ?
Cela peut paraître étrange, mais je ne suis pas vraiment un passionné de Subbuteo. Bien sûr, j’y ai déjà joué quelque fois mais juste pour m’amuser. Je faisais partie du projet de documentaire sur ce jeu légendaire en collaboration avec Enrico Fontanelli, qui avait eu l’idée il y a un moment. Enrico était membre de OfflagaDiscoPax, un groupe de musique indie sur lequel était basé mon dernier documentaire, et il connaissait mon intérêt et ma passion du football. Il a donc pensé que j’étais le réalisateur idéal pour ce projet car ma position contiguë en tant qu’amoureux du football me permettrait d’observer et d’argumenter de la bonne distance. Je suis tombé d’accord avec lui et accepté la tâche de réaliser ce documentaire immédiatement.  C’était à la fin juin 2010.

Pourquoi un documentaire sur ce jeu de table ?
Subbuteo était un jeu de table très populaire pendant longtemps, des années 1970 aux années 1980, mais il traversa une « période noire » pendant laquelle il parut tomber dans l’oublie. Mais Encrico savait que le jeu n’avait jamais vraiment disparu et, ces dernières années, la notoriété de Subbuteo n’a fait que grandir. Nous voulions donc explorer ce phénomène et le raconter, en particulier parce qu’aucun documentaire n’avait été réalisé sur le sujet (à l’exception d’un seul, mais qui n’était pas focalisé sur la passion). Ce n’était pas facile car il y  a de nombreux aspects à raconter : l’histoire, la passion, les collections, etc.

Quelle a été la réaction de personnes telles que Stephen Moreton ou l’ancien champion Andrea Piccaluga ?
Très bonne. Nous avons été très bien accueillis par la communauté dites du Vieux Subbuteo (passionnée et nostalgique plus qu’agonisante), et toutes les personnes que nous avons rencontrées étaient heureuses de pouvoir nous aider. En particulier, Stephen Moreton était un vrai gentleman ; nous avons tourné dans son Stade des Doights dans la soirée puis nous y avons même dormi. Au matin, il nous a montré les figurines miniatures de toute l’équipe de Subbuteopia qu’il avait faites durant la nuit. Nous habitons maintenant dans son Stade ! La journée avec Andrea Piccaluga étiat également très plaisante. Il travaille en tant que professeur d’économie à Pise maintenant et nous a montré son université ; nous l’avons interviewé sur une terrace avec la Tour de Pise en toile de fonds un jour ensoleillé.

Pourquoi pensez-vous que des personnes deviennent extrêmement fanatiques de ce jeu de table, au point de construire des stades massifs ?
C’est une question à laquelle j’ai beaucoup réfléchie au cours du documentaire. Au bout du compte, je pense que la réponse réside dans les derniers mots de Stephen Moreton à la fin de Subbuteopia : « En un mot, je suppose que le concept de Subbuteo me permet de retomber dans l’enfance, c’est une opportunité à laquelle nous aspirons tous… La chance d’oublier tout le reste et d’être totalement absorbé par quelque chose qui apporte plaisir et relaxation… Que l’on est 70 ans, ou six, on peut tous ressentir ce sentiment.

Prévoyez-vous de faire une seconde partie, par exemple en filmant des fans de Subbuteo dans d’autres parties du monde ?
À l’origine, mon projet de documentaire prévoyait de raconter la passion de Subbuteo dans d’autres pays, comme par exemple en Chine ou en Argentine, mais les ressources économiques ne l’ont pas permis. En fait, j’ai envisagé la possibilité de faire un deuxième opus de Subbuteopia en incluant ces pays mais, malheureusement, Enrico Fontanelli est mort en avril 2014. Ce fut un terrible coup dur pour moi car Enrico était non seulement un collègue, mais nous partagions une amitié profonde, qui a d’ailleurs grandie au cours de ce documentaire. Il était comme un frère pour moi. Sans lui, je pense qu’il serait diffcile pour moi de continuer un projet qu’il a commencé.

Travaillez-vous sur un projet de film en ce moment ? Pourriez-vous nous en dire un mot ?
En ce moment, je dirige une pièce de théâtre ; je fais également des vidéos corporate et travaille sur le script du premier long-métrage d’un jeune réalisateur italien basé à Londres. Mais mon prochain projet est un long-métrage. Le script est prêt et nous sommes en phase de levée de fonds. Le film est sur un thème similaire à celui de Shame de Steve McQueen. J’espère commencer à tourner bientôt et finir le film début 2016.

Retour à Subbuteopia