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Interview avec Xavier Istasse (réalisateur) Comment avez-vous eu l'idée de faire un documentaire sur la Meuse ? Je suis un homme d'images : j'ai d'abord été cameraman avant de devenir réalisateur. Je me suis rendu compte qu'il y avait un vrai travail à faire sur le fleuve car il y avait beaucoup d'images insolites à capturer. J'ai commencé à faire des vidéos, et je me suis rendu compte qu'il y avait une histoire à raconter : celle des gens passionnés par le fleuve et du rapport qu'ils entretiennent avec lui. Ils ont un lien presque charnel avec le fleuve. Il attire de façon presque magnétique. Le lien entre les hommes et le fleuve a été coupé à cause de l'industrialisation. On a diabolisé l'eau des fleuves à cause de la pollution. Aujourd'hui, avec la dépollution, le lien renaît. Le thème du film est universel car il peut faire écho à des populations qui vivent le long d'autres fleuves. J'ai voulu montrer aux gens qu'on pouvait être touché par un cours d'eau. Je ne fais que poser des questions, je ne donne pas de réponse. Je questionne simplement sur le rapport des gens au fleuve. Le film est plus une évocation. Il n'a pas de volonté d'expliquer les choses. Combien de temps a pris le tournage ? On voit aussi bien des paysages d'été que d'hiver ! J'ai voulu boucler la boucle et évoquer toutes les saisons. J'ai eu beaucoup de chance parce que j'ai trouvé des intervenants très riches et qui m'ont donné des rushs très vite. Je n'ai pas tourné des centaines d'heures parce que très vite j'avais des images et des témoignages intéressants. J'ai eu beaucoup de chance à ce niveau-là. C'était très facile parce que les intervenants étaient de grande valeur. Ils avaient beaucoup d'humour et d'émotion. Vous avez fait beaucoup de rencontres pour réaliser ce documentaire. Y a-t-il eu un moment particulièrement intéressant ou émouvant ? Je suis resté ami avec les intervenants principaux. On continue à faire du bateau ensemble, d'autant que mes enfants adorent ça. C'est une vraie histoire d'amitié qui s'est créée. Il n'y a donc pas eu une rencontre en particulier, mais je suis vraiment resté en contact avec les quatre intervenants principaux, autant au niveau personnel que professionnel. A-t-il été difficile d'obtenir des archives personnelles ? Les gens étaient enthousiastes sur l’idée d’un film sur la Meuse parce qu’eux aussi pensaient qu’il fallait faire un film par rapport à ça. Ils ont été complices et m’ont ouvert grand leurs portes en disant qu’ils pouvaient aider. Ces images étaient une mine d’or, ce qui est évocateur d’une splendeur passée. Je voulais remettre la Meuse en valeur ainsi que toute sa vallée. À une certaine époque c’était un vrai bijou, et il existe toujours. Il y a un potentiel économique extraordinaire qu’il faut revoir : le fleuve pourrait être le pivot d’un redéploiement économique dans une région défavorisée. C’est une région où le tourisme est en déclin. Il y a peut-être moyen de redéployer ce tourisme. Travaillez-vous sur d'autres projets en ce moment dont vous souhaitez nous parler ? J’ai travaillé sur un film sur le Wallon, la langue régionale. Je reste ancré dans la région. Je creuse le sillon des sujets très régionaux. Je veux valoriser des thématiques propres à ma région.
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