La Guerre Civile Espagnole (1936-1939)

                  La Guerre Civile Espagnole (1936-1939)

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En 1936 l’Espagne est politiquement divisée en deux camps : le Front National et le Front Populaire. Le Front National est un parti conservateur, avec des éléments nationalistes et fascistes ; le Front Populaire est un parti républicain, avec des éléments socialistes, communistes et anarchistes. De l’opposition de ces deux camps va naître un conflit de grande ampleur, meurtrier pour l’Espagne, et précurseur de la Seconde Guerre Mondiale.

Le conflit commence avec les élections de 1936, qui sont remportées par le Front Populaire (« Frente Popular »). Le Front National craint alors que le Front Populaire ne tente une révolution de type communiste ; le Front Populaire redoute quant à lui que le Front National ne fasse un coup d’Etat fasciste. Les craintes du Front National sont redoublées du fait de la participation des anarchistes au Front Populaire, anarchistes qui en général s’abstiennent mais ont décidé cette fois-ci de soutenir le Front Populaire en raison de la promesse faite par celui-ci de libérer tous leurs prisonniers politiques.

 

 Map of SpainLe Front Populaire prend donc les rênes du nouveau gouvernement mais son action est incertaine. En raison de dissensions au sein de cette majorité qui regroupe des sensibilités différentes, républicaines, socialistes, communistes et anarchistes, les réformes promises tardent à venir. Du coup, le peuple entreprend de mettre lui-même en œuvre ces réformes, et procède à des collectivisations de terres et d’usines de sa propre autorité, parfois dans la violence. Les notables et les industriels, qui n’ont pas confiance dans le Front Populaire pour maintenir l’ordre, prennent peur. Des milices ouvrières et nationalistes se mettent en place de part et d’autre et s’affrontent. Le pays bascule dans le chaos.

C’est l’assassinat par des milices républicaines, le 13 juillet 1936, du député et chef de la droite monarchiste, José Calvo Sotelo, qui déclenche la guerre civile. Le coup d’Etat (« Pronunciamiento ») commence le 17 juillet 1936 lorsque Franco, alors général dans l’armée, prend le commandement d’une partie de l’armée au Maroc espagnol. Le gouvernement tente une conciliation en proposant un gouvernement de compromis : c’est un échec puisque ni du côté républicain, ni du côté nationaliste, on ne veut de compromis.

Certaines régions tombent rapidement aux mains des nationalistes dirigés par Franco : la Navarre, la Avecille, La Galice, une partie de l’Andalousie et de l’Aragon. Mais Madrid, Valence et Barcelone restent aux mains des républicains. Au bout d’une semaine, l’Espagne se trouve divisée en deux zones à peu près égales : l’une aux mains des nationalistes, l’autre aux mains des républicains qui conservent les régions les plus riches et les plus industrielles.

La guerre civile devient alors le théâtre des prémices de la Seconde Guerre Mondiale : l’armée nationaliste bénéficie de l’aide des futurs puissances de « l’Axe », l’Allemagne et l’Italie, qui l’approvisionnent en armes ; tandis que l’armée républicaine profite de l’appui de la Russie soviétique qui lui envoie elle aussi des armes et des conseillers militaires. L’aide de l’Axe a permis aux troupes de Franco de passer le détroit de Gibraltar le 5 août et de rejoindre le reste de l’armée. Il progresse vers le Nord. Les républicains passent à la contre-attaque en formant des colonnes qu’ils lancent à l’assaut des territoires nationalistes : la plus célèbre d’entre elles est la « colonne Durruti », formée de combattants anarchistes et dirigée par le général Durruti (Épisode 1 : La Bataille de Badajoz).

Greatest_Battles Franco arrive aux portes de Madrid mais préfère détourner ses troupes vers le Sud, pour aller prêter main-forte aux insurgés de l’Alcazar (Épisode 2 : La Bataille de Toledo). Lorsqu’il retourne aux portes de Madrid en novembre 1936, les républicains ont eu le temps d’organiser leur défense (Épisode 3: La Bataille de Madrid I et Épisode 4: La Bataille de Madrid II). La lutte est âpre mais la ville tient bon et en mars 1937, Franco doit reconnaître qu’il a échoué.

Il décide alors de s’attaquer aux poches de résistance républicaines : le Pays Basque et les Asturies. Puis les combats se déplacent dans la région de Santander, qui tombe le 26 août. Les Asturies capitulent le 17 octobre, les forces nationalistes sont désormais maîtres de toute la côte Atlantique (Épisodes 5 à 9). 

Parmi les contre-offensives des troupes républicaines, deux sont remarquables. D’abord celle pour la ville de Teruel qui occasionnera l’une des batailles les plus rudes de la guerre civile : les républicains prennent la ville des mains des nationalistes aux premiers jours de 1937, puis la reperdent après moins d’un mois (Épisode 10 : La Bataille de Teruel). Ensuite la bataille de l’Ebre, qui commence le 25 juillet 1938, mais qui sera aussi un échec (Épisodes 11 et 12 : La Bataille de Ebro).

Dès lors, le sort en est jeté. La Catalogne est conquise avec facilité par les nationalistes en février 1939 (Épisode 13 : La Bataille de Cataluna). Puis c’est au tour de Madrid (Épisode 14 : La chute de Madrid). Le 1er avril 1939, Franco annonce que la guerre est finie.

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