La Malédiction de la rivière : L’inspiration des lieux abandonnés

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La Malédiction de la rivière : L’inspiration des lieux abandonnés

Le film La Malédiction de la rivière de Lorenzo Bianchini prend vie dans les paysages hantés des villages de montagne abandonnés du Frioul-Vénétie Julienne. Dans cette conversation intime, le réalisateur nous explique comment le lieu inspire l’histoire et pourquoi « moins » peut parfois signifier « plus » dans la fabrication de la peur au cinéma.

Comment les lieux influencent-ils votre processus de narration ?
Pour moi, l’idée naît toujours des lieux. La plupart du temps, quand je pense à des images, j’écris une histoire autour d’elles. Ravice di Tre est né du sous-sol de cette immense école où nous avons tourné. La Malédiction de la rivière est née de l’exploration de presque tous les villages abandonnés des montagnes du Frioul-Vénétie Julienne, jusqu’à ce que j’arrive à Topolò, qui m’a tout de suite fasciné, en particulier la partie basse, la plus ancienne de la ville.

Qu’est-ce qui vous a en particulier attiré à Topolò ?
Topolò est situé dans les vallées du Natisone, dans l’est du Frioul, et sa géographie garde une part de mystère. La plupart des extérieurs y ont été tournés. Le protagoniste, Marco Marchese, s’approche lentement de cette ville, l’explore, et nous le suivons pour comprendre ce lieu énigmatique. Le lieu devient presque un personnage à part entière.

Parlez-nous de votre travail avec Marco Marchese.
Marco a été la présence qui m’a accompagné tout au long de l’écriture du scénario avec ma sœur. Je l’avais rencontré en 2007 lors du tournage d’Occhi, et je me souvenais de son expressivité très particulière. J’ai immédiatement compris qu’il était l’acteur parfait pour cette nouvelle aventure. Au départ, je pensais que ce serait juste lui et moi, avec mon vieux Panasonic DVX100, à nous aventurer dans les montagnes.

Comment la production a-t-elle évolué depuis cette idée de départ ?
J’ai contacté le directeur de la photographie Daniele Trani, qui avait travaillé sur des films d’un autre ami à moi. Il a tout de suite été intéressé, et à partir de là, Le projet a évolué en se nourrissant de nouvelles relations. Finalement, nous avons été 8 ou 9 personnes pour la phase de tournage, pas beaucoup, mais j’étais entouré des bonnes personnes pour travailler sereinement.

Comment étaient les conditions de tournage ?
Nous avons dû tourner en décembre, une période extrêmement froide. Nous logions tous à Monteprato, dans un grand chalet de montagne appartenant à ma famille. Le cadre était magnifique mais stressant. On se couchait à 3 heures du matin et on se réveillait à 9 heures dans un froid glacial. La seule façon de réchauffer cette immense maison était d’allumer des feux de bois. Au début, il y avait des problèmes avec les cheminées qui fumaient.
Ces expériences sont difficiles à vivre sur le moment, mais elles restent gravées dans le cœur pour toujours.

Comment votre vision de l’horreur a-t-elle évolué au fil de vos cinq films ?
Depuis 1997, j’ai progressivement retiré des éléments, montrant de moins en moins ce qui provoque l’angoisse et la peur. Je préfère que ce soit l’atmosphère qui parle, plutôt que des éléments d’horreur explicites. La peur que l’on imagine conduit à nos angoisses les plus profondes, c’est là que l’on sent qu’il se passe quelque chose sans savoir exactement quoi. C’est réaliste et vrai.

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