L’autre Black Swan(s)

 

 

L’autre Black Swan(s)

Black Swam

Plus de vingt ans avant la sortie du très admiré Black Swan de Darren Aronofsky, Ivan Nichev s’inspirait déjà du mythique ballet de Tchaïkovski pour peindre la vie tourmentée d’une danseuse de ballet à Sofia.

Black Swans raconte ainsi l’histoire d’une jeune danseuse de corps de ballet, Violeta, dévouée corps et âmes à son art. Perfectionniste, pugnace et fragile à la fois, Violeta rêve de pouvoir danser des rôles de solistes.

Si le film d’Ivan Nichev n’a rien à voir avec le thriller de Darren Aronofsky, certains tabloïds en Bulgarie ne l’ont pas moins accusé d’avoir plagié l’idée originale du film de Nichev, lui même inspiré d’un roman de Bogomil Raynov, auteur bulgare.

La polémique fut formellement rejetée par Diana Raynova, héroïne du Black Swans bulgare et fille de Raynov, affirmant que quiconque ayant vu les deux films peut facilement se rendre compte qu’ils n’ont rien en commun à part les tourments d’une danseuse sur fond de Lac des Cygnes.

Il faut néanmoins souligner que ces deux films font partie des rares films sur la danse dépeignant avec justesse l’univers du ballet classique ses rivalités, ses tensions, sa rigueur et sa discipline. Les deux héroïnes incarnent deux parfaits produits de la danse, consumés par leur obsession destructrice pour la perfection.

Nichev voulait peindre l’univers du Ballet de façon réaliste. Fasciné par l’univers des arts vivants (il avait déjà abordé le sujet dans Des Etoiles dans les cheveux et des larmes dans les yeux, 1977) il tenait à caster uniquement des danseuses pour ce film où les scènes de danse sont nombreuses.

Black Swam

Le cas Natalie Portman est unique, affirme Raynova sur le site Novinite. «C’est une grande actrice, elle a réussi à se mettre dans la peau d’une vraie danseuse. Son visage - réservé, anxieux - est typique des expressions des danseuses, toujours insatisfaites de leur performance».

Le film fut également réalisé pendant la période faste du ballet de l’Opéra de Sofia qui comptait une centaine de danseurs. A l’époque, un grand nombre de danseurs bulgares revenaient dans leur pays après avoir étudié à l’Académie de Saint-Pétersbourg.

L’originalité du Black Swans de Nichev réside surtout dans sa réflexion sur l’art et la réalisation d’un rêve d’enfant par la volonté, le travail et la persévérance. C’est peut-être Nichev lui-même que l’on entend parler à travers la voix du père de Violeta: « On ne peut pas toujours éviter l’échec mais on peut toujours persévérer ». Nichev réussit à traduire les nuances qui traversent la vie d’une artiste dans sa quête de l’absolu.

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