Qui était Pablo Sarasate?

San Pellegrino

 

Qui était Pablo Sarasate ?

Si vous avez déjà eu l’occasion de visiter Pampelune, au nord de l’Espagne, pendant le mois de Juillet, vous aurez sûrement assisté à une des manifestations les plus typiques du pays : la Fiesta de San Fermín. Pendant une journée ont lieu dans les rues des courses de taureaux, où les hommes risquent leur vie en courant devant ces bêtes furieuses.

Vous aurez peut-être aussi découvert un quartier plus calme, près du conservatoire de musique, où l’on célèbre une autre fête. Celle en l’honneur de Pablo de Sarasate, pamplonien mais surtout violoniste et compositeur de génie.

Né Martín Melitón de Sarasate y Navascuéz à Pampelune le 10 mars 1884, Pablo commença à jouer du violon dés l’âge de cinq ans, avec son père. Il prit ensuite des cours avec un professeur de musique de la ville. Il donna son premier concert à la Caruña, à seulement huit ans.

Ses premiers spectateurs ne s’y trompent pas : leur enthousiasme est effréné. Pablo devient alors le protégé d’un riche bourgeois qui lui finance des études à Madrid, où il devient l’élève de Manuel Rodríguez Saez. Peu de temps après son arrivée, il devient un des musiciens préférés à la cour de la reine Isabelle II.

À ses 12 ans, la mère de Pablo décide de l’envoyer à Paris, pour étudier avec le grand professeur Jean Alard. Ils prennent alors le train pour rejoindre Paris. Mais le voyage tourne court : la mère de Pablo meurt soudainement d’une crise cardiaque. Quant à Pablo, lorsque les autorités l’emmènent à Bayonne, ils découvrent qu’il est atteint du choléra.

Heureusement, le consul espagnol de Bayonne accueille Pablo chez lui, le temps qu’il retrouve ses forces. Une fois remis sur pied, il l’envoie à paris où il peut enfin passer l’audition. Monsieur Alard détecte tout de suite le talent chez l’enfant.

Bien qu’il ait vraisemblablement pu entrer facilement au conservatoire, le professeur décide de ne pas brusquer les choses. Lorsque Pablo atteint ses 17 ans, Alard l’autorise à participer à la compétition pour le convoité Premier Prix. Sarasate remporte sans efforts le prix. Avec ce sésame en main, il était destiné à une carrière florissante.

Au début, Sarasate joue dans des opéras fantaisies, comme la version fantaisiste de Carmen, mais aussi d’autres pièces qu’il compose lui-même. Toutes ses œuvres sont empreintes de son héritage espagnol, ce qui lui vaut un grand succès auprès des compositeurs influents de l’époque. En effet, les airs espagnols sont alors très populaires, comme on l’entend dans Carmen de Bizet, ou encore La Symphonie espagnole de Lalo.

     

Da Capo

Da Capo

Sarasate a impressionné par sa capacité à composer de très nombreuses pièces pour le violon et le piano. Son talent en tant qu’interprète et compositeur a fait bien des jaloux, mais surtout de très grands admirateurs parmi la critique et le public. Aujourd’hui encore, les pièces qu’il a composées sont des classiques lors les concerts symphoniques.

Sarasate, en tant que véritable caballero espagnol était toujours parfaitement habillé. Il recevait de très nombreuses lettres d’amour enflammées, mais il est pourtant toujours resté célibataire. Très courtois envers la gente féminine, il ne manquait pas de leur présenter ses amis espagnols après ses concerts. 

Sarasate réussit à devenir riche, il était donc très généreux. Il avait acheté une maison à Biarritz, mais restait fidèle à ses origines modestes, revenant régulièrement à Pampelune. À sa mort en 1908, victime d’une bronchite, il léga l’intégralité de ses biens à la ville de Pampelune, qui a pu ouvrir un musée Sarasate. Mais son plus bel héritage est sa musique, qui a enchanté le monde.

Retour à Da Capo: Pablo Sarasate: Le violon du lion


 XX">