Interview - Emil Johnsen

Emil Johnsen

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Interview avec Emil Johnsen (Frank)

Après avoir vu le film, on réalise que la peur déclenche en nous des réactions incongrues. Quelle est la chose la plus étrange que votre personnage ait faite ? Auriez-vous la même réaction ?

Eh bien, Frank a des réactions très bizarres. Ce qui m’a le plus frappé c’est quand il fait semblant d’être profondément absorbé par ce qu’il fait : comme par exemple quand il tire la chasse d’eau à plusieurs reprises pour paraitre occupé. Je fais la même chose quand je me sens menacé. Je fais alors semblant d’être au téléphone, ou de parler à quelqu’un de l’autre côté de la rue. D’ailleurs c’est parfois une ruse efficace : le meilleur moyen d’écarter un lion menaçant est de lui faire croire qu’il y a quelqu’un derrière lui.

Qu’est-ce que ça fait de tourner dans un thriller? Etait-ce la première fois que vous jouiez dans ce genre de film ?

Je me suis beaucoup amusé, mais c’était aussi très fatiguant. Il y avait beaucoup de scènes intenses et terrifiantes. Les scènes plus difficiles étaient quand j’étais tout seul dans une pièce, et que je devais seulement réagir aux différents bruits. C’est une expérience d’acteur extraordinaire : on entre dans un état secondaire de tension et de vigilance extrêmes. On se sent vraiment vivant ! C’était la première fois que je jouais dans un thriller comme ça, mais j’avais déjà joué un thérapeute névrosé et abusif dans Guidance (2009).

Comment vous êtes-vous préparé pour jouer le rôle de Frank?
J’ai travaillé avec un coach vocal pour créer la façon particulière qu’a Frank de parler. Frank vient de Bergen, une région où les habitants ont un dialecte propre qui correspond très bien à sa personnalité. Je viens d’une famille de médecins, j’ai donc pu parler médecine avec mes parents et ma sœur ; je suis aussi allé à des conférences, comme si j’étais un vrai étudiant en médecine. Le plus difficile a été d’adopter la gestuelle de Frank, qui est toujours sur ses gardes, sans un seul sourire.

D’après vous, qui est le personnage le plus terrifiant du film?
Dans Corridor, je pense que Frank est celui qui fait le plus peur. Quand quelqu’un est paniqué, il est imprévisible : Frank est dans un état de peur constant. Bien que du point de vue de Frank, mais aussi des spectateurs, je crois que le personnage de Peter Stormare, Micke, est le plus effrayant.

Quand vous étiez petit, quels personnages vous faisaient peur?

J’avais une peur bleue de Jack Nicholson dans Shining. Et de Bob dans Twin Peaks. Je crois que ce qui fait son côté effrayant c’est qu’il existe essentiellement dans l’imagination des spectateurs. On ne le voit en fait jamais réellement.

Comment réagiriez-vous si vous emménagiez dans un immeuble comme celui de Corridor?
Je crois que comme Frank j’appellerais la police. Mais j’espère que j’aurais assez de sang-froid pour aider la jeune fille qui se réfugie dans mon appartement, au lieu de m’enfermer dans la salle de bain!

 En quoi pensez-vous que ce film est différent des autres productions suédoises?
C’est un thriller psychologique, non pas un film policier ou une histoire de meurtres. C’est plus dans l’esprit de Polanski et Hitchcock, ce qui est assez rare en Suède. Je ne crois pas avoir jamais vu un film suédois de ce genre.

Quels sont vos projets pour les mois à venir?
Je viens de finir le tournage de deux longs métrages : Ego, un film suédois et le nouveau film de Sara Johnsen. Les deux vont sortir en salle en 2012. Je viens aussi de tourner dans le pilote d’un drame romantique, Hypnosia ; si les producteurs décident de continuer, je suppose que je vais tourner le reste de la saison. Je vais aussi commencer un autre projet au printemps, mais je ne peux pas encore vous en parler. Je vais à Los Angeles en mars et avril, pour rencontrer des agents. L’anglais est ma langue maternelle, j’aimerais donc commencer à jouer dans des films anglais et américains.

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